Face à la hausse des prix, notamment de l’alimentation et du carburant, de nombreux salariés se retrouvent en difficulté financière et ont recours à une solution légale, mais peu connue : l’acompte sur salaire. Il s’agit du versement anticipé d’une partie de la rémunération mensuelle, correspondant au travail déjà effectué. Quelles sont les conditions pour demander un acompte sur salaire ? Quels sont les avantages et les inconvénients de cette pratique ? Comment expliquer cette tendance qui s’accentue depuis la crise sanitaire ?

L’acompte sur salaire, un droit pour tous les salariés mensualisés

Selon l’article L3242-1 du Code du travail, tout salarié percevant sa rémunération mensuellement peut demander un acompte sur salaire à son employeur, sans avoir à justifier sa demande. Le montant de l’acompte ne peut pas dépasser la moitié du salaire mensuel et doit correspondre au travail déjà accompli. Ainsi, le salarié peut solliciter un acompte à partir du 15 du mois en cours. L’employeur est tenu d’accepter la première demande d’acompte du mois, mais peut refuser les demandes suivantes.

Voici une vidéo parlant des acomptes sur salaire :

L’acompte sur salaire se distingue de l’avance sur salaire, qui consiste au versement anticipé d’une partie de la rémunération future. L’avance sur salaire n’est pas un droit et relève du libre consentement de l’employeur.

L’acompte sur salaire, une solution face aux dépenses imprévues ou aux fins de mois difficiles

L’acompte sur salaire peut être une solution ponctuelle pour faire face à une dépense imprévue ou à un problème de trésorerie. Par exemple, si le salarié doit faire face à une panne de voiture, à une facture élevée ou à un découvert bancaire. L’acompte sur salaire permet alors de disposer rapidement de liquidités, sans avoir recours à un crédit à la consommation ou à un prêt familial.

L’acompte sur salaire peut aussi être une solution régulière pour mieux gérer son budget mensuel. Certains salariés préfèrent en effet percevoir leur rémunération en deux fois, le 15 et le 30 du mois, plutôt qu’en une seule fois en fin de mois. Cela leur permet d’éviter les dépenses excessives ou les impayés.

L’acompte sur salaire, une pratique qui se développe avec l’inflation

Selon une étude IPSOS réalisée en mai 2023, 23% des 18-34 ans ont déjà sollicité leur employeur pour obtenir un acompte sur salaire. Ce chiffre est en augmentation constante depuis le début de la crise sanitaire, qui a entraîné une baisse du pouvoir d’achat et une hausse des prix. Selon la start-up Spayr, qui propose des solutions pour les avances sur salaire, le montant moyen des acomptes débloqués par les salariés aurait bondi de 66% entre l’été 2022 et cet été, passant de 123 à 205 euros.

Cette tendance reflète les difficultés financières rencontrées par de nombreux salariés, notamment ceux qui sont payés au smic ou qui ont subi une perte de revenus liée au chômage partiel ou à la réduction d’activité. Face à l’inflation, notamment sur les produits alimentaires et le carburant, ces salariés ont du mal à boucler leurs fins de mois et ont besoin d’un coup de pouce financier.

L’acompte sur salaire, une pratique qui n’est pas sans risque

Si l’acompte sur salaire peut être une solution pratique et avantageuse pour le salarié, il n’est pas sans risque. En effet, l’acompte sur salaire entraîne une diminution du montant du salaire net versé en fin de mois, puisqu’il est déduit du montant total. Le salarié doit donc anticiper cette baisse de revenu et adapter ses dépenses en conséquence. S’il ne le fait pas, il risque de se retrouver à nouveau en difficulté financière et de solliciter un nouvel acompte, créant ainsi un cercle vicieux.

Par ailleurs, l’acompte sur salaire peut avoir un impact négatif sur la relation entre le salarié et l’employeur. En effet, le salarié peut se sentir gêné ou honteux de demander un acompte sur salaire, ce qui peut affecter sa confiance en lui ou son image professionnelle. L’employeur, quant à lui, peut avoir une perception négative du salarié, en le jugeant irresponsable ou malhonnête.

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