Le coronavirus a mis à l’épreuve les capacités d’adaptation des entreprises à la crise, imposant brutalement une réorganisation du travail. Des contraintes, à transformer au mieux en opportunités pour évoluer, et survivre.

On assiste à une véritable révolution des modes et méthodes de travail, ainsi que de leurs espaces. 

Hybridation du travail en « présentiel/distanciel »

Le travail à distance a globalement « pris la main » sur les activités d’entreprise. Il pourrait bien s’installer durablement et oblige à repenser l’organisation du travail en général. Une véritable transformation culturelle selon Julien Sévellec, de The Corner à Brest.

« Le télétravail pourrait être une norme dans les prochaines années, qui sait si nous ne pas des chocs comme celui-ci ?». Il rajoute que « le travail à distance va dans le sens de l’histoire » et cite une étude (Ifop) qui révèle que 70% des cadres français souhaitent poursuivre le télétravail après le confinement.

Le télétravail offre aux salariés plus d’autonomie et de flexibilité dans l’organisation du travail, mais aussi dans la gestion  des impératifs professionnels et personnels.

De plus, il fait économiser le temps et l’énergie consacrés aux trajets. « Le risque, c’est l’isolement, être laissé en dehors des échanges et des prises de décision » indique Julien Sévellec. 

Le Management doit se réinventer

Le travail à domicile n’est pas juste un déplacement physique de l’activité. Il impose d’autres outils et d’autres méthodes, ainsi que de repenser le management.

Il bouleverse les pratiques managériales appelées à  gérer les collectifs en présence et à distance, explique Patrick Conjard, de l’Anact (l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail). 

Comment manager efficacement ses équipes et poursuivre le développement de leurs projets à distance, sur le long terme ?

Pour que l’employeur et ses salariés vivent bien le télétravail, il faut organiser la collaboration avec méthode, intégrer tout le monde, trouver les bons moyens pour échanger en dehors des temps formels.

Le travail « hors murs » nécessite d’accélérer la transition numérique et d’en perfectionner les méthodes et outils. Il ne s’agit pas de reporter la même manière de faire qu’en entreprise ou d’essayer de faire comme avant. 

Réformation des lieux de travail

« On va de plus en plus travailler ailleurs que dans les immeubles de bureau », exprime Odile Duchenne, mais « cela ne veut pas dire la fin du bureau ».

Pour la dirigeante d’Actineo, l’entreprise sera le lieu où l’on vient pour les réunions, le partage, la créativité. Il faudra réaménager les espaces de travail : des salles de réunion plus grandes, plus hautes de plafond, plus aérées.

Le cotravail (ou « coworking ») est une alternative au domicile permettant le travail à distance, grand gagnant  de cette crise. Il permet de renouer avec une ambiance de bureau dans des espaces dédiés, partagés par plusieurs entreprises, plus proches du domicile, permettant d’éviter des heures de trajet. 

Quant aux open space, ils vont devoir être repensés, assure l’architecte et psychologue du travail Elisabeth Pélegrin-Genel. « L’open space a été densifié au fil des années, on a entassé les gens pour économiser des mètres carrés.

On va devoir « dédensifier » et revenir à quelque chose de sans doute beaucoup plus agréable car on ne sera pas collé les uns contre les autres. » 

Dans ce contexte, le bureau partagé peut devenir une bonne solution par sa facilité d’entretien car il est plus facile de désinfecter un poste de travail vide de tout effet personnel, estime Elisabeth Pélegrin-Genel.

Elle se dit aujourd’hui « assaillie de sollicitations pour installer des plexiglas » sur les plateaux de travail. « J’espère que ce ne sera que temporaire, qu’on ne va pas finir par vivre chacun dans son scaphandre, à deux mètres les uns des autres ».

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